A recibir… Dans un entretien à Sud Ouest, Philippe Neys explose au décollage !
Un député sur le gril, titre Sud Ouest du samedi 4 février 2012 au lendemain d’un face à face politique avec une classe de CM2. Dédicace au commentaire de Barbara !
« Un chef, un projet, une identité ». Tels sont selon Jean-Pierre Elissalde, ancien manager de l’Aviron Bayonnais dont le sens de la formule est souvent remarquable, les trois fondements de la réussite d’un club sportif professionnel.
L’Aviron Bayonnais n’a aujourd’hui ni chef ni projet, et son identité est menacée. En fait , il y a tellement de « chefs » qu’on se demande qui commande : le Président, Francis Salagoïty, le sponsor principal, Alain Afflelou, le Maire de Bayonne, Jean Grenet, le nouveau « membre du conseil d’administration », Bernard Laporte… ? Sûrement pas Christian Gajan dont le titre de Directeur Général du rugby dit mal la marginalisation progressive. En fait, ce dernier vit ce qu’ont vécu ses prédécesseurs, managers ou entraîneurs : l’intrusion permanente dans le domaine sportif de personnes qui normalement devraient s’en tenir éloignées et s’occuper exclusivement de la politique générale du club (finances, infrastructures, politique de formation, lobbying auprès des instances nationales,…). Il est clair que l’arrivée de Bernard Laporte n’a fait qu’aggraver la confusion dans le management du club, parce que ni la place qu’il occupe effectivement au sein de l’organigramme ni le rôle ne sont clairement définis : chargé du recrutement, consultant technique, maître d’ouvrage du futur ( ? ) stade, relations publiques ? Au moins aurait-il pu s’atteler à la définition d’un projet à moyen terme pour le club (quel projet de jeu, quel recrutement au service de ce projet, quelle politique de formation, quel budget, etc… ?), sa compétence et son expérience devraient le lui permettre.
Au lieu de ça, il est proposé aux supporters, d’un côté un vague projet à long terme qui fait l’impasse sur le moyen terme (les trois prochaines années), basé sur un fumeux et finalement assez peu réaliste projet de nouveau stade, et d’un autre côté un projet à très court terme basé sur le recrutement de stars vieillissantes venues compléter le camp de vacances de préretraités en cours de constitution.
L’identité bayonnaise est forte, remarquable, respectée dans toute « la France du rugby » : festive, passionnée, joyeuse et …basque. L’expression de « jeu à la bayonnaise », depuis un siècle, a un sens qui va au-delà de la nostalgie. Il se caractérise par la loyauté, la vaillance, la force (de ses avants, tout le monde en connaît les exemples), l’élégance et l’allégresse de son jeu de trois-quarts (idem), tout à fait compatibles avec le rugby d’aujourd’hui. Est-ce qu’un recrutement « à la toulonnaise » convient à cette identité ? Qui évoque un plan de formation à long terme, fondé sur la richesse et la réussite du club au niveau des équipes de jeunes, ainsi que cela se pratique dans les grands clubs professionnels (du Barça à Arsenal) ou dans les pays qui dominent le rugby mondial (Nouvelle-Zélande, Australie et Afrique du Sud) ? A-t-on entendu Bernard Laporte exprimer quelque volonté de s’appuyer sur cette identité locale ?
Au fond, tout ce qui se passe au sein ou autour de l’Aviron semble inspiré par l’idée selon laquelle il suffirait, comme dans les affaires, d’y mettre le prix pour acquérir la gloire et les titres sportifs. Mais les supporters savent que ce prix est bien plus élevé (cf le Racing ou Toulon) et ce qui va se passer en cas d’échec. Car dans le sport de haut niveau, il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne, sauf pour le Stade Toulousain, bien sûr.
- Tribune libre par Darbout -
Vous vous rappelez que Bayonne avait déjà obtenu @@@@ au Trophée des villes internet !
On vous le donne en 1000 octets, l’info vient de tomber…
Avec son vieux site en typo3, sans fil RSS, son sitemap à faire trembler Google et celui de sa voisine concurrente, ses pages internationales entièrement en traduction automatique, ses mentions légales Ben@lienesques, Bayonne vient de décrocher un @@@@@ au palmarès 2011 ! !
C’est tout simplement é-nor-meuuu !
On est sans voix, sans IP, démuni devant un tel honneur.
A Bayonne, les spéculations, fuites ou questionnements ne cessent depuis
l’annonce de l’arrivée de Bernard Laporte à la table des actionnaires de la SASP Aviron Bayonnais Rugby Pro, le 4 décembre dernier. C’est nul doute une difficile opération de communication pour le Club, ses sponsors et la mairie qui doivent maintenant gérer un calendrier précis d’annonces sur le futur projet à mettre en oeuvre, de démentis à paraître et de rumeurs à taire, tant l’image sulfureuse de l’ancien sélectionneur de l’Equipe de France, ex-Secrétaire d’Etat et businessman, va désormais coller à celle des bayonnais. Ces derniers - et leurs voisins - peuvent aussi s’interroger sur le contenu du projet et le parti pris d’aménager un stade de 25 000 places pour le seul Aviron Bayonnais. Et si, pour une fois, on leur demandait leur avis ? Et si, enfin, la communauté du rugby basque se mettait à table ?
Première rumeur exposée dans Midol puis reprise par le10sports : l’arrivée de Jacques Delmas comme entraîneur en 2011. Fuite ou rumeur ? Au siège de l’AB, on s’est étranglé. Si l’info était exacte, elle serait évidemment très nocive pour le staff et les joueurs qui ont encore une moitié de championnat à jouer, même si le maintien est, cette saison, d’ores et déjà assuré. Plus embêtant, ce genre de déclarations peut inspirer les avocats des partants en cas de difficulté dans les négociations d’indemnités de rupture. L’AB a décidément du mal à rompre en bons termes avec son encadrement. D’affaires en affaires, le « juridique » représenterait un poste de dépenses de moins en moins négligeable dans la comptabilité du Club.
Interrogé par Eitb, le 10sports concédait qu’il publierait le démenti officiel de l’AB mais maintenait fermement son information… Dans l’Equipe, Laporte coupait court quelques jours plus tard : «Jacques Delmas est bien mon ami, mais il ne viendra pas entraîner Bayonne. C’est n’importe quoi, c’est faux.»
Autre spéculation, plus lourde à gérer, la rémunération de Bernard Laporte pour ses nouveaux services bayonnais. Le Président de l’AB, Francis Salagoïty et le Maire, Jean Grenet, l’ont martelé sur toutes les antennes : « Bernard Laporte est bénévole », que ce soit clair ! Pourtant, aux comptoirs des meilleurs zincs labourdins, on évoque avec persistance un gros chèque d’Afflelou, hors du circuit comptable de la SASP. Qu’en penser ? Après tout ce barzouf sur le bénévolat du nouvel administrateur, auquel colle plus une image de mercenaire que de bienfaiteur désintéressé, cette révélation ferait exploser le chaudron de Jean Dauger, qui ne pardonnerait guère un écart si peu conforme aux « valeurs » bayonnaises.
Dans cette affaire de grand stade, le maire de Bayonne a pris des risques qui semblent démesurés. Pour la première fois depuis très longtemps, des « historiques » de l’Aviron critiquent ouvertement une succession de décisions hâtives et prises sans concertation. Cet engagement scellerait nécessairement un point de non retour, économique, sportif mais aussi… politique.
Pour les plus hostiles au projet, Grenet serait sous mauvaise influence. Lui qui n’a jamais connu autre chose que le curseur du rugby amateur et de l’Aviron pour toute assise politique aurait commis, là, l’irréparable. D’autant que Bernard Laporte, qui ne maîtrise pas tous les rapides de la Nive, a mis les pieds dans le plat, désavouant les garanties formulées par le maire : « aujourd’hui, dans le monde professionnel, avoir un stade municipal, c’est illogique ». Ou encore : « ils avaient déjà ce projet clé en main » (lire ici : l’Equipe, video et papier).
Bilan : une fronde est née contre « ce projet de quelques uns au profit de quelques autres ». « Stop à la Fouquettisation du rugby basque », hurlent les plus virulents.
Dernière réaction en date, et non des moindres, celle du Président de la FFR, Pierre Camou, rapporté dans Sud Ouest du 19 décembre, qui exhorte à une « révolution culturelle ». Le toujours très influent vice-président du Comité Côte Basque-Landes de rugby s’est vivement emporté contre le programme bayonnais et a appelé à « avoir le courage de se mettre autour d’une table » . Même son de cloche du côté de Serge Blanco : « s’il faut le dire clairement, ça ne participe en rien à ma vision. Je suis plus dans une vision communautaire que dans des visions restrictives. » NDLR : Biarritz, aussi, en son temps, formula un programme privé de stade, finalement abandonné.
Double camouflet politique, donc, pour le maire de Bayonne, également Président de la CABAB, à qui l’on vient maintenant donner des leçons d’esprit communautaire, trois jours seulement après le départ fracassant de son opposition du Conseil municipal de Bayonne pour déni de démocratie (lire les explications ici).
Sauf que cette fois, les désaccords et dissentiments viennent de plus loin, de plus haut, retentissent plus fort et que Grenet, en offrant un trousseau de clés municipales au sulfureux Bernard Laporte, a peut-être servi la passe de trop.
Cette levée de boucliers révèle en réalité d’autres faiblesses majeures : en communiquant façon « coup d’éclat » sur la venue de Bernard Laporte, ses promoteurs ont rajouté de l’opacité à un dossier qui aurait nécessité clarté et transparence. Du coup, c’est encore le management controversé du Club qui se trouve altéré. On ne sait plus vraiment qui fait quoi, ni quels objectifs concrets sous-tendent le projet de stade ? Combien coûtera cette arène ? Quel est le modèle économique ? Quel mode de financement est prévu ? Quelles contributions financières des collectivités sont envisagées ? Laporte évoquait un programme « clé en main » ; celui du maire présenté discrètement aux conseillers municipaux bayonnais en avril 2009 ou un projet remanié ? Est-il sérieux de continuer à ne percevoir l’essor du rugby qu’à travers sa petite lorgnette municipale ?
Pas un mot non plus sur le volet – capital - de la formation. Est-il raisonnable aujourd’hui de souhaiter conforter le rugby basque sans aborder cet aspect essentiel de son développement autour duquel tout un « pays » pourrait se mobiliser et construire un avenir partagé ?
En ignorant le futur du rugby Pro, ses nécessaires transformations évoquées par le Président Camou et en persistant dans le déni de réalité, le risque sera plus grand encore de provoquer son effondrement.
Il y a place pour un projet communautaire respectueux des identités de chaque club et des finances locales, ambitieux sportivement et fédérateur pour le territoire.
Il est temps de se ressaisir.
Il y a urgence à se mettre à table.