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Une ville charmante mais un peu hasbeen avec, à sa tête, un cumulard qui vit toujours sous la quatrième République...

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Jean Grenet, la CCI et l’Aviron Bayonnais : drôle de ballet…

Les supporters de l’Aviron Bayonnais, souhaitent avant tout que le club s’installe durablement en Top 14 et que son “modèle économique” se stabilise. Sous cet angle, ils peuvent trouver assez inquiétante la manière dont le Maire de Bayonne vient de justifier l’importante subvention municipale (750000 euros en 2009) en s’appuyant sur une “étude” de la CCI qui évalue à 23 millions d’euros les retombées de l’activité “Aviron Bayonnais” pour l’économie locale.


La méthode employée est en effet peu sérieuse. Ce sujet et cette étude auraient mérité la plus grande transparence, la participation de tous les groupes du Conseil Municipal à tous les stades de la procédure, plutôt que la discrétion et le recours à la CCI de Bayonne avec laquelle les liens de connivence sont évidents.

La méthode “scientifique” employée par la CCI prête également à sourire. Raisonner de la même manière que pour évaluer l’impact d’un aéroport n’a pas de sens : un aéroport génère une activité spécifique qui n’existerait pas sans cet aéroport alors que l’Aviron a toujours existé, ses supporters aussi, lesquels ont toujours consommé, mangé et bu sur le territoire local… Sauf à considérer implicitement que sans aides municipales le club bayonnais ne pourrait pas exister, ce qui serait assez inquiétant pour sa santé financière.

On relève également parmi les aspects pour le moins étranges de l’étude de la CCI, la prise en compte dans les impacts économiques directs de l’entreprise Aviron, des salaires des joueurs. On ne saurait trop encourager, dans cette logique, les élus locaux à subventionner toutes les entreprises à très hauts salaires. Plus globalement, si on pousse le raisonnement de la CCI, les pouvoirs publics ont intérêt à subventionner toutes les entreprises au regard des retombées qu’on peut en attendre telles que les évalue la CCI.


Le plus étonnant est que le Maire de Bayonne reprenne ce raisonnement dont la logique n’est autre que celle de l’économie administrée… Conclure, en rapprochant la subvention municipale des 23 millions de “retombées” supposées, que le retour sur investissement est de 1 à 40 est une supercherie : peut-on faire observer à M. GRENET que si la subvention avait été moitié moindre, par exemple, le retour sur investissement aurait été de 1 à 80….


En réalité on aurait préféré que le Maire se pose les bonnes questions : la santé de l’Aviron est-elle si fragile qu’elle exige une telle aide publique ? Quelles solutions à moyen terme, autres que la fusion avec le club voisin, pour pérenniser le club ? Le management de l’Aviron depuis 5 ans (changements d’entraîneurs, résultats sportifs…) est-il à la hauteur de l’investissement de la Mairie ?

Enfin, malgré tout l’attachement que l’on peut avoir pour ce club, est-il interdit de se demander si ces 750000 euros (soit l’équivalent du salaire d’une trentaine de fonctionnaires municipaux, entre autres) n’auraient pas trouvé une plus grande utilité sociale dans des investissements culturels, éducatifs, universitaires, de formation…? Par exemple, 750000 euros pour un grand centre de formation du rugby basque, ça ne manquerait pas d’intérêt à long terme. Plus en tout cas que les rustines posées chaque année sur les finances du club par le contribuable bayonnais.

- Tribune libre par Darbout -

[ Le résumé de l’étude en question (pdf) commandée 15 000 € à la CCI ]

 
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