Regionales 2010 - Bayonne (2/2)
A Bayonne, la droite a été vaincue mais la gauche n’a pas vraiment gagné.
A regarder de près les résultats :

… on s’aperçoit qu’à Bayonne, en volume de voix, le score 2004 de l’union de la droite est quasi identique à celui de l’UMP + Modem en 2010.
On remarque aussi qu’en 2010, parmi les 3 000 abstentionnistes supplémentaires, environ 1700 avaient voté pour la gauche en 2004.
Ce n’est donc pas véritablement, à Bayonne, une victoire pour la gauche qui a perdu des voix. Devant une « victoire acquise », ses électeurs ont vraisemblablement boudé les urnes.
Une des principales qualité de l’électorat de droite à Bayonne est donc sa constance. Ceci se vérifie également aux élections municipales que l’UMP remporte systématiquement avec un chiffre stable plafonnant autour de 7 500 voix.
Aux dernières municipales (2008), 16 502 électeurs s’étaient déplacés (15 881 exprimés – 28 547 inscrits).
Si la gauche souhaite un jour diriger la Ville de Bayonne, elle devra en priorité convaincre les abstentionnistes de se rendre aux urnes.
La droite bayonnaise le sait : l’abstention lui profite.
Le bon coup réussi en 2008, en décidant quelques individus ex-Verts ou ex-PS (Bisauta, Causse, Jaussaud) à retourner leur veste, lui a également permis de maintenir son influence.
D’autant qu’à droite, une réserve potentielle de voix existe toujours avec la liste Bayonne Par Coeur conduite par l’ancien directeur de cabinet du maire, Yves Ugalde (ex-RPR), farouche opposant pendant la campagne, mais piètre contradicteur au conseil municipal.
A gauche, même si un excellent travail au conseil municipal est relevé par tous les observateurs, sa visibilité reste extrêmement réduite. Au PS, la « relève » semble présente mais son émancipation contrite. Elle aurait pourtant beaucoup à gagner en se positionnant plus vivement, mais paraît préférer le politiquement correct à l’affront direct. Un peu de vagues mais pas trop. Ajuster, répliquer, tirer, mais jamais la première.
Plutôt Jolly Jumper que Tornado, elle peine à couper avec les pratiques politiques traditionnelles bayonnaises. A moins de changer de cheval et/ou de stratégie, d’opter pour la diligence de l’union et l’attaque de la banque, on distingue mal, aujourd’hui, comment elle pourrait modifier l’épilogue du western.
Les écologistes bayonnais, eux, sont anéantis, cantonnés dans le désert et leur électorat désarmé.
A Bayonne aussi, « le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent ».

